Le professeur Yarbanna Kerkoub, éminente figure de notre paysage intellectuel, s’était investi corps et âme lors des dernières élections. Infatigable, il sillonnait les villes du Nord et la capitale, plaidant avec éloquence pour la réélection du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Il déploya des efforts considérables, mobilisant des ressources conséquentes, car, selon ses propres termes, il ne militait pas pour une faveur personnelle, mais pour l’intérêt supérieur de la nation.
Hélas, le mérite n’est pas toujours la boussole qui guide les choix de notre mosaïque gouvernante. Ainsi, malgré son engagement sans faille, il ne s’est même pas vu confier la direction d’un simple service. Cruelle ironie du sort ! J’avais pressenti que son dévouement serait une offrande sans retour, et la suite des événements ne fit que confirmer mes appréhensions.
Aujourd’hui, il partage le sort de ceux qui, comme nous, ont choisi la prudente indifférence. À ceci près que nous avons, au moins, préservé notre temps et ménagé les modestes ressources de notre trésorerie. Peut-être est-ce là, après tout, une forme de sagesse. Mais que voulez-vous ? Dans cette vaste loterie des honneurs, il arrive que les plus grands esprits patientent tandis que d'autres, moins illustres, tirent les bons numéros.
Ainsi va la République…
Le Professeur Mohamed Eleya
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